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Tome II.
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ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661. 295

pas la moindre espérance de la guérir ; de sorte qu’on nelui faisoit aucun remède que de lui laver la bouche et le nezavecdel’obsécrat 1 qu’on lui faisoit respirer,jusqu’à ce qu’en-viron la fête de la Pentecôte dernière, Madame de Courbe,à la persuasion de mademoiselle Parisot, sa cousine ger-maine (qui a été gouvernante de mademoiselle de Lian-cour), et, je crois, de M. Jean le Petit, libraire, son neveu,la mena céans en dévotion à la sainte épine. Depuis cejour-là, cette mauvaise odeur cessa si absolument qu’ellen’en avoit aucun reste. Environ huit jours après, elle re-vint un peu. Sur quoi madame de Courbe prit le desseinde la ramener; et incontinent qu’elle l’eût dit à l’enfant,la mauvaise odeur cessa tout à fait, et n’a aucunementparu. Depuis elles vinrent céans toutes deux en rendregrâces, et on me les fit voir il y dix ou douze jours. Ma-dame de Courbe, craignant de n’être pas crue, parce qu’onne la connoissoit point céans, amena M. le vicaire de Saint-Séverin, qui voulut bien prendre cette peine pour rendregloire à Dieu et témoignage à la vérité.

Un jardinier de nos voisins qui ne nous aimoit pas trop,je ne sais pourquoi, se trouvant ces jours passés avecM. de Saint-Gilles ou quelqu’autre de ces messieurs, luidit en son patois, tout en grondant : « Je devrais pourtantbien les aimer, car j’ay été guéri dans leur église d’ungrand mal d’œil, à quoi je ne savois plus que faire. Je suisle second miracle qui s’y est fait. »

11 y a aussi une religieuse de Troyes en Champagnequ’on dit avoir été guérie d’une fistule avec mauvaise odeur,comme la petite. J’espère que nous en saurons les particu-larités, car madame Du Plessis Guénégaud y est allée exprèspour le vérifier.

Sic.