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Tome II.
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JACQUELINE PASCAL.

promet la félicité et même l’immortalité sur la terre. Dieune signifie plus le principe, mais l’ensemble de l’univers;et au sévère mysticisme qui plane sur tout le XVII esiècle succède l’adoration de la vie et le culte du plai-sir.

Telle est la philosophie et la religion nouvelles. Ellesont beaucoup détruit : mais qu’ont-elles fondé? C’est lepropre de tout principe extrême de ne souffrir que soi, etpar conséquent de tout ravager autour de soi ; mais il faitvite son temps ; car la durée n’a été promise qu’à la mo-dération et à la sagesse.

Aujourd’hui le XIX e siècle a devant lui la dévotion su- jblime mais outrée du XVII e siècle, et la philosophie libre \mais impie du XVIII e ; et il cherche encore sa route entre rces deux siècles. Ceux qui se donnent pour ses guides ;veulent tantôt le faire remonter jusqu’à l’un, et tantôt leretenir attaché à l’autre. Vains efforts! le inonde marche,il ne s’arrête ni ne revient sur lui-même. Le XIX e siècle,pour être digne de ses deux aînés, ne doit être aucun desdeux. Son caractère distinctif, qui déjà commenceà paraître,consiste précisément à fuir toutes les extrémités qui jus-qu’ici ont séduit et entraîné l’esprit français. 11 ne peut ,être condamné à sacrifier la philosophie à la religion, ni jla religion à la philosophie, le ciel à la terre ni la terre jau ciel, l’homme à Dieu ni Dieu à l’homme. Est-il donc jimpossible de s’arrêter sur la pente des systèmes et de j

concilier tout ce qui est vrai et tout ce qui est bien ? Au ;fond, la vraie sagesse, c’est la modération en toutes choses.Cette vertu supérieure est-elle réservée à quelques esprits <d’élite épars à travers les âges, et a-t-elle été à jamaisrefusée aux nations? Pour moi, je pense, comme Platon, .qu’après tout une nation n’est qu’un grand individu,une personne éminente qui possède toutes les facultés