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Tome II.
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ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661. 353

d’un être particulier sur une grande échelle, qui a lesmêmes droits et les mêmes devoirs, la même destinéeet les mêmes espérances. Déjà le problème est à peu prèsrésolu en politique : la démocratie et la royauté, l’ordreet l'a liberté vivent et se développent ensemble. Pourquoila religion et la philosophie ne finiraient-elles pas pars’entendre? Pourquoi tout ce qu’il y a eu de grand dans leXVII e siècle, la règle des mœurs, la dignité du caractère, leregard à un Dieu partout présent, ne pourrait-il pas s’al-lier à ce qui distingue excellemment le xvm e siècle, à sa-voir, la conscience do la volonté libre de l’homme, lanoble idée du grand rôle de l’homme sur la terre, le be-soin de l’amélioration des établissements humains, et unefoi énergique dans un progrès constant et mesuré? Ledestin de l’humanité est-il d'errer sans cesse de réactionen réaction dans un cercle d’extravagances dont les for-mes seules varient? Non: ce que les meilleurs géniesont conçu ne peut pas être une chimère, et les nationssont appelées à entrer successivement en possession de cequi fut d’abord le rêve de quelques hommes. C’est là, ànos yeux,la vraie, la grande, la bonne démocratie. Jusqu’icilasagesse a été le partage de certaines âmes. Il faut aujour-d’hui qu’à l’aide des lumières et d’une instruction habile-ment répartie entre toutes les classes, elle descende jusquedans la foule. A la suite de tant d’expériences douloureu-ses, il fautquelaFrancequia souffert tout entière s’éclairetout entière aussi, et devienne peu à peu une seule et mêmepersonne qui, se souvenant du passé qu’elle a traversé eten faisant un sérieux inventaire, rejette tout ce qui estvieilli, inutile ou dangereux, et aspire à un avenir purde tous les excès, où se réalise en toutes choses cetidéal de force réglée et de haute modération , qu’il suf-fit d’avoir conçu pour ne pouvoir plus s’en séparer,

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