VI
PRÉFACE.
jours encore, à la tête des défenseurs de la société,quelques vivacités, naturelles à la polémique contem-poraine, ont été restreintes, ou même effacées quand lesujet l’a permis, de peur que le lecteur, malgré tous lesavertissements, ne confondit les époques, et ne crûttrouver dans nos paroles d’autrefois un ressouveniractuel des dissentiments passés, ou de l’ingratitudeenvers de réels et récents services.
Nous ne justifierons pas cette nouvelle publicationdans les circonstances présentes. L’ouvrage était épuisédepuis longtemps ; il était redemandé. Nous n’avionsaucun motif de reculer devant cette exposition animéede nos sentiments et de nos principes. Le temps et lesrévolutions ont passé sur nous, sans les changer. Letemps et les révolutions n’ont fait, à nos yeux, queleur donner d’éclatantes consécrations.
S’il faut le dire, c’est là peut-être l’intérêt, et jusqu’àun certain point l’utilité de cette publication. En repa-raissant après le bouleversement social qu’il annonçaitcomme le résultat nécessaire de nos préjugés, de nospassions, de nos discordes, le livre des Vingt Mois,écrit il y a tant d’années, semble l’avoir été en présencedes événements qui viennent de s’accomplir et deceux qui nous environnent. Il est de circonstanceencore; il semble l’être plus que jamais. Comme il futcomposé en préoccupation de l’avenir, son temps esten quelque sorte venu. Il nous a fallu bien souvent,pour éviter des méprises, rappeler en note que le texteétait exactement celui de 1831 ou 1832. Cela tient à ceque la révolution de 18û8 et celle de 1830 ne sont que