PRÉFACE. VII
les deux actes successifs d’un même drame. La sociétéfrançaise, en retombant des mains de la restaurationet de l’empire dans la carrière des révolutions, a rapi-dement descendu la spirale qui la mènerait bientôt auxderniers abîmes, si elle ne remontait, par un grand ef-fort, vers un sol plus ferme, pour y asseoir ses destinées.Après un point d’arrêt de dix-huit années, qui a étél’ouvrage et qui est la gloire du parti constitutionnel,luttant à force de raison et de courage contre lespentes fatales de la situation , nous sommes arrivés àun palier plus bas qu’en 1830. Du reste, ce sont lesmêmes scènes, les mêmes ressorts, les mêmes péripé-ties, souvent les mêmes hommes. Rien n’est changé,sinon qu’il y a du côté de l’ordre des forces de moinset des périls de plus... Il y a aussi des enseignementsde plus, grâce à Dieu ! Ils doivent être la consolationdu présent et le salut de l’avenir.
On ose penser que ces enseignements, si éclatantsdans le livre même des événements, ressortent aussi,d’une façon précise, des considérations que nousnous hasardons à replacer sous les regards de nosconcitoyens. Comment ne pas reconnaître, dans lacatastrophe à laquelle la France vient d’assister, l’ef-fet nécessaire de causes permanentes et profondes,quand on a pu la montrer à l’avance, dès 1830, dansun si lointain avenir? N’est-il pas évident qu’il n’y aque des principes vrais et des lois certaines qui puissentfournir des lumières sur la marche des événementshumains. Le fait devient alors l’argument et la preuvedes principes, comme les vicissitudes de la mer et du