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XIII
douleurs, s’est approprié la politique contre laquelleles jiassions avaient si longtemps lutté : elle l’imposeà ses gouvernants les plus téméraires, étonnés de leursubite sagesse. Elle ne professe d’autre ambition quele repos, elle ne craint qu’elle-même, elle n’a maintenudebout dans ses bouleversements d’autre loi que la loides nations. Tranquille ainsi au dehors, et dès lors plustranquille au dedans, elle n’est poussée hors de ses voiespar aucune colère; elle n’est précipitée vers les dénoû-ments nécessaires par aucune appréhension. Par là estobtenu ce grand bienfait, que la nation ne sent aucunepression peser sur elle : il suffira qu’elle sache etveuille. Dieu lui laisse le champ ouvert. Il prend soind’écarter de nos pensées, pour la facilité et l’indépen-dance de nos solutions , la main de l’étranger.
De cette situation imposante et nouvelle il est arrivé,par un étrange et heureux contraste, qu’alors mêmeque le gouvernement descendait aux plus bas fondsdes factions anarchiques, la société se relevait, d’unefaçon inespérée qui a surpris le monde et qui lasurprend elle-même. Aujourd’hui , on peut se de-mander si cette révolution dernière , qui semblaitdéchaînée pour nous précipiter dans toutes lessubversions, ne nous aura pas fait toucher un mo-ment le fond de l’abîme, pour marquer le dernierterme de nos entraînements, le dernier aussi desvindictes du ciel! L’ordre, l’ordre vrai, celui qui s’ap-puie à la loi divine et aux grands intérêts humains, asurvécu par ses seules forces, par celles qu’un régimede paix, de justice et de sécurité lui avait rendues en