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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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XIV
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XIV

I'HÉFACE.

dépit de tous les envahissements des idées subver-sives; lordre, disons-nous, a surnagé, il remonte sespentes fatales au milieu du plus grand désordre socialqui se soit vu jamais chez un peuple. Quel que doiveêtre lavenir, ce sont des biens réels; ce sont aussides présages favorables. On a besoin dy attacher sapensée pour discerner les voies de la Providence et ymarcher dun pas assuré.

Ces biens ont eu pour principe, et doivent avoir deplus en plus pour conséquence, le besoin dunion quisest fait jour enfin parmi nous. Cétait, dès 1830,1apensée fondamentale du livre des Vingt Mois, penséealors solitaire et devenue désormais celle de tout lemonde. Cest que ce livre fut écrit avec le sentimentdes périls intimes et immenses qui menaçaient lordresocial. En voyant une royauté battue aux deux côtés deson horizon des assauts contraires dune opposition mo-narchique et duneopposition dynastique tout ensemble,divisée dans ce qui lui restait déléments daction, et enbutte cependant au plus grand déchaînement de toutesles libertés qui se fût vu dans le monde, tandis quun tra-vail tout à la fois souterrain et à ciel ouvert, incessant,impuni, insaisissable, minait la société même de lef-fort de toutes les passions et de toutes les théories sub-versives, nous ue pouvions penser que ce travail nedevînt à la longue formidable. Le salut de lavenir noussemblait attaché à la formation dun grand parti, dunegrande armée de lordre (Int., p. 29), ralliés à la mêmefoi et à la même loi par le sentiment des dangerspublics et des devoirs communs. Ce livre neut pas