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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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XXIII

» Il le faut pour i.i liberté, qui ne pourrait tenir à des hostilités s»hautes. Il le faut pour la monarchie, qui, dépaysée et compromisedans les couches inférieures de la classe moyenne, se laisserait en-traîner, tôt ou tard, è l’expédient fatal des coups d'Etat, et alors làoù sera la justice, là sera la victoire. Cette prophétie est écrite dansles annalesde tous les peuples, dans la conscience de tous les hommes.On sera tout surpris d’apprendre que ce peuple, qui doit, s’est ré-veillé, qu’abandonné il se protège, qu’outragé il s’exaspère, qu’arméil rend violence pour violence et rémunère les folies par des atten-tats, les illégalités par des révolutions. Que les classes éminent» s, quel’aristocratie légitime, celle qui est dans nos mœurs et dans nos lois,s’interposentdonc à l’avance et prennent en main la défense de nos glo-rieuses institutions; il y va d’un avenir qui nous est cher à tous. Lesniasses ne ressaisissent point le pouvoir, quand au-dessus d’elles onne l’abdique pas.

« Si jamais il fallait que tant d’espérances que nous avons nour-ries fussent détruites, que les enseignements de l’histoire fussentperdus, le fussent pour nous tous, ce serait une douleur amère. Maisenfin nous aurions dit la vérité; nous aurions lutté contre tous lestorrents; nous aurions rempli tous nos devoirs. Cette pensée nous en-courage et nous console. »>

Ces lignes, malheureusement trop prophétiques,étaient écrites trente mois avant la révolution de 1830.Ce qu’on disait alors, on le répète aujourd'hui. Si alorsquelqu’un voyait des concessions dans ce langage con-servateur et monarchique, quoique opposant, c’étaitune erreur! Nous ne faisons pas de concessions. Si oul’acceptait comme de l’habileté, on avait tort; nous nesommes pas habile. Mais on nous crie que la France amarché; c’est le mot d’ordre de ce temps-ci. En effet,la révolution a marché, ou plutôt couru, comme onfait quand on va sans règle et sans sagesse; mais nous