Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
XXII
JPEG-Download
 

XXI

PIÏKFACK.

sente et sacrée le* poids de toutes les fautes, de tous les abus, de tousles scandales de ce siècle, longue orgie qui avait commencé dans ladébauche et qui finissait dans le sang. Knfin, ce fut le destin et lechâtiment de cette révolution qui avait tout renversé aux cris de phi-lanthropie et de liberté, qu’elle ne fit que traverser le crime pour ar-river à la servitude, quelle ne déposa la hache que pour tomber,toute sanglante et honteuse d’elle-même, aux pieds d’un despote.

» Au milieu de toutes nos vhissitudes , dominèrent tour à tourdeux besoins impérieux : celui de l’ordre et de la liberté, la libertévoulue jusqu’à l’anarchie, l’ordre jusqu’à la servitude; mais chacunde ces deux grands intérêts toujours prêt, dès qu’il était vaincu, àressaisir la victoire ; la terreur et la royauté toujours prêtes à hériterl’une de l’autre, tant la force des deux principes était égale, ou plutôttant la raison publique avait besoin d’une transaction qui les conci-liât, on les enchaînant l’un à Vaut te.

» La restauration est venue, et cette transaction, elle l’a donnée.Nul gouvernement ne s’était vu qui pût supporter autant de libertéen gardant autant de puissance, qui affrontât, avec tant de forces,tant di* résistances et de combats.

» Mais, pour que la monarchie eonstitutio’inelle s’affermisse, ilfaut deux choses : d’abord que le trône ait des garanties solides ,aussi bien que la nation, c’est-à-dire une prérogative étendue et res-pectée, en même temps que la nation d’immenses libertés. Autrementses défiances lui conseilleront toujours des entreprises et des excèsqui compromettront ses destinées elles nôtres. La première conditiondes trônes est la sécurité.

» Il faut en second lieu que le parti monarchique, celui du payscomme des chambres,s’attache aux institutions libres, les comprenne,les aime, les préfère à tout. Car ce parti monarchique, qui n’est pastoute l’aristocratie de la France, mais qui en est une partie considé-rable par l’ancienneté des illustrations et la grandeur des fortunes,ce parti existe. La terreur a prouvé qu’il ét dt heureusement aussi in-sensé qu’atroce de se vouer à le détruire. Il faut donc qu’il assiège laliberté de perpétuels combats, ou qu’il y entre comme dans une ci-tadelle élevée aussi pour sa défense et pour sa gloire.