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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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IO

INTRODUCTION.

rassasier avec ce noble sang la furie populaire ;et il fallut quelles donnassent le leur, puis, avecle leur , celui de la France.

Cest que la justice divine a une manière sûre etfacile de punir les exigences, les passions, lesfaiblesses subversives : elle laisse les pouvoirs quiservent dinstrument à ces fléaux, senfoncer dansleurs voies fatales. Ils vont alors, sans sinquiéterde la carrière quils ont déjà fournie, nattacliantdimportance quau pas quils sapprêtent à faire,comptant toujours que celui- sera le dernier, etdisant à leur raison qui sépouvante, commeLouis XI à sa vierge de plomb : « Encore un ! »Mais le poids des fautes commises vous pousse,vous entraîne, et on périt écrasé sous ce rocherde Sysyphe.

Nous savons léternelle réponse. On nous crieque la révolution de 1830 ne ressemblera pas à larévolution de 1791, que le volcan est éteint. Maiscest précisément la question qui est posée; etnous accepterons toutes les espérances, si vousnètes pas aussi téméraires que vos devanciers,aussi prompts à détruire, aussi disposés à céderaux fantaisies populaires, cest-à-dire à la volontédes tribuns qui sy appuyent ou sen prévalent.Mais il sera trop permis de craindre quun peuplepuisse, deux fois en quarante ans, fournir la mêmecarrière de fautes et de malheurs, quand vous, quiparlez, vous recommencez toutes les fautes de vos