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INTRODUCTION.
rassasier avec ce noble sang la furie populaire ;et il fallut qu’elles donnassent le leur, puis, avecle leur , celui de la France.
C’est que la justice divine a une manière sûre etfacile de punir les exigences, les passions, lesfaiblesses subversives : elle laisse les pouvoirs quiservent d’instrument à ces fléaux, s’enfoncer dansleurs voies fatales. Ils vont alors, sans s’inquiéterde la carrière qu’ils ont déjà fournie, n’attacliantd’importance qu’au pas qu’ils s’apprêtent à faire,comptant toujours que celui-là sera le dernier, etdisant à leur raison qui s’épouvante, commeLouis XI à sa vierge de plomb : « Encore un ! »Mais le poids des fautes commises vous pousse,vous entraîne, et on périt écrasé sous ce rocherde Sysyphe.
Nous savons l’éternelle réponse. On nous crieque la révolution de 1830 ne ressemblera pas à larévolution de 1791, que le volcan est éteint. Maisc’est précisément la question qui est posée; etnous accepterons toutes les espérances, si vousn’ètes pas aussi téméraires que vos devanciers,aussi prompts à détruire, aussi disposés à céderaux fantaisies populaires, c’est-à-dire à la volontédes tribuns qui s’y appuyent ou s’en prévalent.Mais il sera trop permis de craindre qu’un peuplepuisse, deux fois en quarante ans, fournir la mêmecarrière de fautes et de malheurs, quand vous, quiparlez, vous recommencez toutes les fautes de vos