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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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INTRODUCTION. g

et en même ternes changeant, fantasque, inhabileà rien laisser debout, hormis tout au plus leséchafauds. Aussi, la royauté et lillustration, letalent et la vertu vinrent-ils expier leur long rè-gne, jusquà ce quenfin le peuple, fatigué de lui-même et désenchanté de son ivresse fatale, abdi-quât sa fausse et funeste souveraineté aux mainsdun grand homme. Tel il a été, tel il sera tou-jours : mêmes vices , mêmes fléaux, mêmes châti-ments.

De tous les spectacles de cette triste époque, jene sais lequel est le plus douloureux, de ses crimesou de ses faiblesses. M. rie Serre avait raison de ledire : « Toujours la majorité fut saine ! » Sainedesprit, mais faible de cœur, et cest ce qui perdittout. Sauf lAssemblée constituante, les espritsétaient fascinés, régnaient un éblouissementuniversel et une sorte de sublime délire, toutesles législatures firent le mal, comme les nôtres,à contre-cœur, mais à bon escient. Labolition dela monarchie fut une concession de la Législative.La tête de Louis XVI fut une concession de laConvention. Mais la Gironde, dans la Législative,en livrant la monarchie, croyait sauver lordre, in-capable quelle était, avec tout son génie, de com-prendre que lordre nétait déjà plus, et lombrequi en restait sévanouit en effet avec la royauté.Mais la Gironde et la Plaine unies, dans la Conven-tion, en livrant Louis aux bourreaux, croyaient