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INTRODUCTION.
toutes les entreprises et prête pour toutes les gloi-res. Nos finances étaient anéanties : ils ont laissé letrésor le plus riche et le crédit le plus haut ducontinent. Les mers avaient oublié notre pavil-lon ; ni le commerce , ni la guerre ne le leur mon-traient plus depuis vingt ans : ils ont laissé unemarine puissante et victorieuse qui couvrit de sesvoiles tous les océans, humilia Rio-Janeiro, em-porta Cadix, illustra Navarin. En un mot, quandils parurent, l’Europe tenait captifs Paris et nosprovinces, l’Europe amenée au cœur de la Francepar l’étoile fatale de l’esprit de conquête ! ils ontlaissé la France redoutable à l’univers, libératriceen Orient, conquérante en afrique, portant sesfrontières jusqu’aux pieds de l’Atlas, et embras-sant désormais les deux rives de la Méditerranéedans son domaine !...
Cependant, ils sont tombés ! Innocent de leurchute, nous prions le ciel qu’une catastrophe sigrande et si haute ne soit pas, du moins commeune leçon terrible, perdue pour notre pays. Puisse-t-elle enseigner qu’il y a pour tous les pouvoirsdes conditions vitales qu’aucuns d’eux ne peuventméconnaître impunément, quelque soit leur titreou quelle que semble leur puissance ! Les partis,dans leurs triomphes et quelquefois même dansleurs adversités, ne savent qu’obéir à d’aveuglesinstincts. Une voix fatale leur crie toujours :Marche ! marche ! Puis vient le jour où la mesure