INTRODUCTION.
2 I
l’assassinat, la guerre civile ont ensanglanté la se-conde de nos cités (1), et il y aurait folie à s’enétonner. On sème l'anarchie à pleines mains ;c’est une moisson qui ne manque jamais.
Aujourd’hui, comme il y a quarante ans, troissortes d’hommes conspirent au triomphe de cetteanarchie détestable. Les uns l’aiment pour elle-même ; ils la veulent, ils l’attendent des souffrancespubliques, de la disette, de la guerre, de tous lesfléaux par lesquels l’inclémence du ciel caresse leurespoir. Ce sont les révolutionnaires avoués, c’estl’extrême gauche. Ceux-là ne sont pas les plusdangereux à notre sens; nous ne savons pas mêmes’ils sont les plus coupables.
D’autr •es détestent les saturnales de la terreur,sans oser le dire. Au fond, ils en redoutent lesouvenir ; ils n’en souhaitent pas le retour. Voulantla liberté, ils mesurent tous les périls de la libertéextrême. La démocratie, dans ses débordements,les inquiète et même les afflige. Et cependant, c’esttantôt par leur complicité irréfléchie, tantôt parleurs condescendances calculées, que le désordrea fait ses conquêtes ; c’est par eux que nous avonsvu toutes nos destinées remises en question , pareux cpie nous restons suspendus sur l’abîme , pareux que les partis espèrent obtenir de leur étoilela restauration de la puissance populaire. Ils sont
(1) Révolte de Lyon, 483L