Buch 
Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
Entstehung
Seite
22
JPEG-Download
 

22

INTRODUCTION.

toujours prêts à gorger le monstre pour l’endor-mir, au risque de s’en faire dévorer. Ils dépouille-ront pièce à pièce, ils laisseront cheoir la monar-chie constitutionnelle qu’ils veulent, ils ia brise-ront plutôt que de se séparer de l’anarchie qu'ilsjugent et qu’ils redoutent. Ce camp funeste est lagauche proprement dite. On sait ses programmes,ses passions, ses peurs, son chef.

D’autres vont plus loin encore : ils poussentdroit aux bouleversements comme les premiers,tout en les détestant autant et plus que les seconds.Parcequ’un élément d’ordre a péri, ils demandentau désordre de se montrer logique, c’est-à-dired’être complet et absolu ; ils somment la révolutionde se perdre, comme la légitimité, en s’épuisant :politique extraordinaire qui se croit le droit dejeter la patrie dans des voies impénétrables et ter-ribles pour avoir raison contre la fortune, et at-tendre des réparations de l’excès des maux ! Maisces calculs ont été faits déjà : ne sait-on pas cequ’ils ont produit? Qu’on se rappelle, à l’aurorede nos tourmentes, ce camp où les journées de1793 étaient comptées comme autant d’échelonspar lesquels l’ancien régime remonterait à la puis-sance ! L’ancien régime resta détrôné. À l’inté-rieur, ses partisans, vrais ou supposés, hommes,femmes, jeunes filles, furent guillotinés, fusillés,noyés, mitraillés : les nobles comptant pour desroyalistes, les propriétaires pour des nobles, les