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INTRODUCTION.
Maintenant, beaucoup de ceux qui demandaientà l’autorité d’essayer à tous risques de se fixer sanspartage au faite de l’Etat, font cause communeavec le parti qui travaille à l'asseoir aux derniersrangs des masses sans lumières. Etrange témérité !déplorable mépris de l’ordre matériel qui n’estpas tout, mais qui est quelque chose! Oubli fu-neste des conditions auxquelles l’ordre véritables'établit chez les nations ! Nous nous abusonsfort, ou démontrer hautement la vanité des ten-tatives de notre démocratie, lui démontrer, s’ilse peut, à elle-même, son impuissance à consti-tuer des libertés solides sur la base des intérêts etdes préjugés révolutionnaires, c’est faire un actemeilleur que d’offrir à cette démocratie, ivre déjàd’assez d’encens et de passions, la consécrationantique de ses utopies, et en quelque sorte le sacrede sa république , dans les anathèmes du prêtreSamuel contre les rois, et dans les commandementsdu Dieu qui l’inspirait (1). Assurément, un sem-blable emploi du génie du christianisme est aussipérilleux qu’inattendu, et il n’est pas nouveau. Lelivre de Sidney s’appuie aux mêmes fondements.
S’il faut tout dire, nous ne saurions entendreque le grand écrivain auquel nous faisons allusionpromette aux Français la royauté abaissant sousHenri V ce que la monarchie avait encore de trop
(1) Brochure de M. de Chateaubriand (1834).