INTRODUCTION.
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haut sous la restauration , et se convertissant en uneespèce de présidence royale , pour mener , danstrente ou quarante ans, la France et l’Europe àun avenir républicain ! A. ces conditions, quedevient la perpétuité des trônes, dogme quirepose sur la stabilité de l’avenir autant et pluspeut-être que sur la durée du passé? Commentdouter qu’avec une prérogative réelle et des ins-titutions conservatrices, la pire des usurpationsne fût meilleure à la France et à l’Europe que cettequasi-royauté provisoire, ce quasi-trône républi-cain, juste-milieu entre quelque chose et le néant?C’est une cote mal taillée entre d’inconciliablesextrêmes ; c’est le jugement de Salomon pris ausérieux. De cet enfant que se disputent l’exil etla royauté, une moitié à Y ami de Washington ,à la jeune France , aux hommes généreux, auxdémocrates, un mot, car ce sont là les nomsqu’on leur défère ; l’autre moitié aux royalistes !Tout cela ne fait pas un roi. Et c’est un roi qu’ilfaut instruire la France à vouloir et à compren-dre. Il faut lui crier que, démocratique, conti-nentale, libre et prétendant le rester, elle a besoinde royauté, d’une royauté réelle, c’est-à-direforte et respectée, pour lui être ce que fut àl’Angleterre, durant des siècles, son aristocratieau dedans, ce que lui est au dehors son océan.
Voilà comment les passions contraires vontégarant de concert l’esprit public, et frappant à