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INTRODUCTION.
plaisir de vertige cette France qui n’a que tropsouffert depuis quarante ans , qui a plus souffertqu’elle n’a failli. Car ce n’est pas elle qui siégait ily a quarante ans dans le Comité de salut public ;ce n’est pas elle non plus qui a présenté à la signa-ture de son roi, en juillet 1830, les ordonnancesfatales. Et elle a payé pour toutes les factionsauxquelles il a plu de jouer l’empire à quitte oudouble, et qui toutes ont perdu à ce coupablejeu.
Pour nous, au milieu de toutes les témérités et detoutes les déraisons, nous poursuivrons jusqu’aubout la route que nous nous sommes tracée : nousdirons la vérité quand même, en présence de tousles pouvoirs. Sous tous les régimes, nous tirerons,à nos risques et périls , l’horoscope des mauvaisactes et des mauvaises doctrines ; convaincus quenous sommes qu’il est deux choses que nul n’a ledroit de sacrifier, dans les troubles politiques, pasplus à la haine qu’à la peur : ce sont la justice etla vérité. L’holocauste est trop grand pour de telsdieux.
Les devoirs du citoyen , dans les grandes con-jonctures telles que cellesci, sont, à nos yeux,semblables à ce que les relations d’un naufrage,célèbre il y a quelques années, disaient d’un jeuneofficier, marchant, sur une frêle embarcation,au secours d’un navire incendié, que ballottait lamer en furie. La main sur la barre, l’oreille fermée