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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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INTRODUCTION.

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qu’elle puisse les commander. Il faudrait douter duDieu qui ordonnerait d’apprêter des malheurs à lapatrie. La main doit se sécher plutôt que de con-sentir à carasser l'anarchie, même pour la trahir.Ah ! ne semons pas les tempêtes ! Laissons ce soinau ciel et au temps. La responsabilité serait troppesante pour de simples hommes ! On comprendGuillaume Tell maudissant la barque hors laquelleil s’est jeté, et du pied la chassant vers la tempête.Mais, lui dehors, elle n’avait plus rien de communavec la patrie et sa fortune; elle ne portait à la tem-pête que l’étranger.

Nous pouvons montrer notre pensée sans ré-serve. Témoin d’une révolution que nos vœuxn’appelaient pas , mais que notre pays a reconnuesans coup férir, nous nous sentons incapables derenier ce qui a été; nous nous épouvanterionsde nous-mêmes, si nous pensions à ébranler ce quiest, car c’est encore un refuge; à contester uneplanche de salut à la France, car c’est la dernière.On ne nous verra pas traverser les efforts tentéspour donner des digues au torrent. Nous ne nousattacherons pas à des personnes, à un parti, àune cause. Nous nous attacherons à ces grandsintérêts qui ne tombent et n’abdiquent jamais :l’ordre et la liberté ; la patrie , son indépendanceet sa gloire.

Quoi qu’il advienne , une ère nouvelle s’est ou-verte; de nouvelles combinaisons seront essayées