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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

quelle sétend et saffermit : nous navons pascette façon de voir.

Ceux- pensent aussi que la liberté est le ré-gime le plus aisé à conquérir, quil sagit simple-ment de descendre dans la rue, de mettre endéroute la force publique et de crier : Vive laliberté ! Ils sont tout prêts à prendre la libertépour une émeute. Nous, qui la révérons, nousen avons une tout autre idée.

Ils imaginent encore que rien nest plus facileque de la conserver; quil suffit, pour resterlibres, de le vouloir; que, sil y a lutte, toutconsiste à être les plus forts; quen ayant poursoi le nombre, on possède la liberté la plus solidede la terre. Ce sont, à notre sens, autant dhéré-sies grossières et fatales.

Suivant eux, renverser de fond en comble lesinstitutions de la patrie ; tenir à fleur de terre tousles pouvoirs ; saper principalement les puissancesmorales ; avoir en dédain les souvenirs et lescroyances, niveler tous les rangs, encourager dansle citoyen la désobéissance au magistrat, dans lesoldat le mépris du capitaine, dans lavocat ou lac-cusé linsulte au juge, dans le pauvre la haine duriche, dans le fils la dérision des opinions et desvolontés du père, dans les masses la jalousie contreles supériorités et la colère contre les illustrations;extirper enfin du cœur des peuples tout sentimentde respect, énerver dans leur sein toute notion