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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

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ceux qui ont pris place à la tête de l’échelle rela-tive de la commune, du département, de l’Étattout entier! Non, ce n’est pas crime; car, l’œil surl’histoire du monde, on est bien assuré qu’il n’y ade civilisation, qu’il n’y a de grandeur, qu’il n’y ade liberté qu’à ce prix.

La liberté, en effet, s’est alliée à l’aristocratierégulière et sensée, dans tous les siècles. La plu-part des États aristocratiques, depuis l’antiquitéjusqu’à nos jours, ont joint la gloire de la liberté àtoutes les gloires. Enfants, on nous allaite avec laliberté de Rome ; citoyens, la liberté anglaise fai-sait autrefois notre envie.

Il est à remarquer, au contraire, que la liberténe s’est pas montrée encore aux côtés de la dé-mocratie dans l’ancien monde. Il y a démocratie -à Constantinople ; il y eut démocratie sous le co-mité de salut public ; point liberté. Aux Etats-Unis,la lèpre de l’esclavage couvre les deux tiers dusol américain ; et en outre, c’est de l’esprit, desprécédents, des croyances, des lois civiles de lasociété anglaise, que vit cette vieille société trans-plantée qu’on appelle faussement nouvelle, parcequ’elle est toute entière appliquée à défricher unsol nouveau. Cette démocratie incomplette, con-tenue et tempérée par son travail de conquête surtout un monde, par ses traditions et ses principesd’autorité paternelle , par ses religions d’Etat, parson système fédératif, par son bon sens héréditaire,