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LIVRE PREMIER.
qui renferment toutes les destinées du genre hu-main ' Pourtant chacun a sur ses tablettes desconstitutions toutes faites, des en cas de libertépour tous les peuples de l’univers! L’antiquité,plus circonspecte, reconnaissait dans les grandshommes qui avaient résolu l’immense problèmedes sociétés humaines, l’inspiration des dieux.
Voyez aussi, chez les anciens, combien de pré-cautions et d’ombrages! La liberté reposait surquatre fondements : la force du patriciat, l’in-fluence du sacerdoce, la division des classes , l’o-dieux, mais commode néant du grand nombre es-clave. Encore, avec tous ces secours, les législateursne se croyaient-ils pas assez forts contre les oragesdu Forum et de l’Agora. Ils avaient senti le besoinde constituer, au sein delà société, un principeconservateur placé au-dessus de toute contesta-tion , partout présent, opposant une digue à cha-que flot, tenant en bride toute cette fougue desjeunes générations avides de nouveautés et dé-daigneuses de l’expérience et de la sagesse ; enfinun contre-poids de la même nature que la légi-timité dans les monarchies modernes. C’était lapuissance paternelle. Dans la Grèce, le pèredisposait du sol ; à Rome, il avait droit de vieet de mort. On pensait que ce n’était pas tropd’une royauté absolue par famille pour résisteraux ébranlements inévitables des états libres. On