PRINCIPES GÉNÉRAUX.
car les nations perdent tout dans l’anarchie; et,avant tout, elles y perdent la liberté.
A moins de refaire la nature humaine, il fautse soumettre à une observation cpie voici : c’estcjuetout périclite aux mains de classes qui ne par-viennent jamais à l’empire que parla violence; de-puis que le monde existe, les jacqueries n’ont ja-mais su régner, et il est trop évident que c’est laviolence seule, l’effet seul de coups de main heu-reux qui peut çà et là leur livrer l’Etat pour un jour.
Nous disons : pour un jour. Car, pour bienmanier le pouvoir, comme pour bien concevoiret bien défendre la liberté, il faut un appren-tissage qui saisisse l’homme au berceau. A la si-tuation sociale se rattachent deux choses sanslesquelles on ne fait pas de gouvernemenis libres :les lumières et l’indépendance. Otez ces deuxbiens , vous ferez des esclaves ou des tyrans ; maisdes citoyens et des magistrats, jamais.
C’est donc à trouver le difficile et nécessaireéquilibre entre le progrès et la conservation, àétablir dans les pouvoirs divers de l’Etat et dans lesforces actives de la société, que tous les fondateursde gouvernements pondérés doivent appliquer leurgénie. Aujourd’hui tout le monde met la mainhardiment à des révolutions, c’est-à-dire à desrenversements d’institutions et de régimes ; et per-sonne ne pense à méditer sur ces vastes questions