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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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PRINCIPES GÉNÉRAUX. ()Q

notre civilisation ; toute entière, elle fait les gran-deurs présentes de notre patrie ; et, si on ne tientcompte que des services rendus à la cause desinstitutions libres, qu’on veuille bien répondreà ceci : Qui, durant les seize années de la restau-ration, plaida pour le peuple et en son nom, lacause de la légalité, la cause des lois? La foulesait admirablement combattre pour la liberté ;mais ce sont les classes éclairées qui la conçoivent,la développent, en font descendre les notions etles bienfaits au sein des masses ; et c’est là encoreun de leurs titres au respect des gens de bien.

La liberté est, de tous les progrès du génie del’homme, le plus noble, le plus élevé; c’est enmême temps le plus fragile. Elle n’est venue aumonde, dans la Grèce , que deux mille ans après ledespotisme. Aujourd’hui encore, elle n’est accli-matée que dans quelques rares régions favoriséesduciel.En quelles mains remettra-t-on cesaintdépôt,sinon à celles qui en possèdent déjà un autre, plusgrand et antérieur, celui de la science et des lu-mières , celui de la civilisation même ? Celles-làseules sauront le gérer. Fille des hauts lieux, laliberté dépérit et succombe partout ailleurs.

Ensuite, quand vous aurez assis vos institutionssur leurs légitimes fondements, vous en confierezles destinées à la monarchie, ou à la république ;peu importera. Deux consuls peuvent faire d’unpeuple le maître du monde : on le sait.