7 °
LIVRE PREMIER.
Dix archontes, un doge , un landammam , peu-vent abriter sous leur toge Tordre et les lois. Onle voit depuis trois mille ans dans l’histoire.
La seule chose qui ne se soit pas vue sous lesoleil, c’est un peuple mené par en bas et bienconduit ; mené par en bas, et libre ! Ce serait unepyramide renversée sur le faîte. Il n’est pas demiracles qui pussent la tenir debout.
La république n’est si mal famée parmi nous ,que parce que le parti qui la professe n’a pointd’autre manière de la comprendre, que démago-gique : d’où il suit que ceux qui la redoutent lavoient toujours coiffée du bonnet rouge , les brasnus, subversive enfin , et par conséquent abo-minable, absurde, impossible. Ils ont raison,dès lors. La démocratie, sans des contre-poidspuissants, arrive de toute nécessité à l’anarchiepopulaire. Elle n’a qu’un moyen d’échapper à sadestinée, qu’un moyen de sauver l’ordre , c’est ledespotisme ; et de là vient qu’elle finit toujourspar aller, lasse et sanglante, se reposer à sonombre.
C’est pourquoi la monarchie constitutionnelleest considérée comme préférable à la république lamieux ordonnée : elle donne un arbitre aux di-verses classes ; elle oppose un contre-poids auxforces diverses. Le prince, qui tient en main labalance, équilibre , par son propre poids, les bas-sins. D’un autre côté, il ne peut rien entre-