LIVRE PREMIER.
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ses rues, ne se croit pas en sûreté. Si parfois l’espritpublic se relève, c’est pour retomber bientôt,après quelques trêves décevantes, sous le poidsd’excès et de périls plus grands. Il y a une impuis-sance indéfinissable et partout présente de rendreau corps politique sa paix, sa sécurité , sa foi enlui-même. Que s’est-il donc passé?
Simplement ce fait. La force, la force populaire,fatalement provoquée, est intervenue dans la dé-cision des destinées publiques; une fois inter-venue, elle a tranché des questions sur lesquellesil y avait un vieux droit national, solennel et con-sacré. Elle les a tranchées , nonobstant les clausesd’un autre droit national, nouveau et auguste,celui de la Charte, qui servait au premier de sanc-tion et de défense. Et l’apparition de la force,même quand elle s’est produite pour la défenseet au nom des lois, est une atteinte si profondeà l’ordre régulier des sociétés humaines, quetoutes les existences ont été mises par cela seulen péril ; tous les principes, en question.
La force est intervenue pour combattre un roidont l’autorité avait fait appel à la force ; et noncontente de le combattre, de le vaincre, elle l’arenversé, et avec lui toute une lignée de rois. Lesfils aînés d’une race royale, qui brillait sur lascène du monde avant que le monde moderne fûtsorti des ténèbres de son enfance barbare, ontdisparu en un jour du milieu de nous; ils ont dis-