PRINCIPES GÉNÉRAUX.
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paru, emportant des siècles avec eux, mais empor-tant aussi le dogme politique qui est l’arc-boutantdes trônes, et avec lui, on l’oublie trop, les deuxautres dogmes de l’inviolabilité royale et de laresponsabilité ministérielle, sur lesquels prétends’asseoir la nouvelle monarchie constitutionellequ’on travaille à fonder, c’est-à-dire tout cequi devait servir à notre liberté démocratique dedigue à la fois et de support.
Il n’en a pas fallu davantage pour susciter dansla société toutes les audaces , dans l’état toutes lessubversions. La terre tremble parce qu’a été arra-ché le principe même qui a pour mission d’affer-mir le sol sous les pas des nations.
Serait-ce que cet élément auguste et séculairede l’ordre politique est à nos yeux l’ordre tout en-tier ? Sommes-nous de ceux qui jugent son invio-lable maintien, une condition nécessaire de lavie des empires, la pierre angulaire des sociétés,celle sans laquelle tout périt, tout tombe fatale-ment jusqu’à ce que l’empire, battu des orages ,vienne s’y rasseoir, ou qu’il se perde dans la guerrecivile et la conquête ? Règle si inviolable que siune atteinte y a été portée, le citoyen doit dé-sespérer sans retour de sa patrie , comme leTroyen quand Enée eut emporté ses dieux , etque rien ne resta d’Ilion, hormis des cendres etdes ruines ! Nous expliquerons notre pensée, dansles termes mêmes dont nous faisions usage, au sein