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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

Dans notre conviction, si la France sait et veut,le droit, condition de toute stabilité, peut ne pasrester exilé du milieu d’elle. Nulle famille ne lepossède d’une façon si intime, à un titre si saint,qu’elle puisse l’attacher à sa fortune, et en déshé-riter l’avenir tout entier d’un peuple.

Mais nous avons dit : si France sait et veut.C’est-à-dire si elle sait reconnaître et entend res-pecter, au-delà de la légitimité des rois , d’autresprincipes, antérieurs à la légitimité elle-même,d’une origine plus haute encore, à qui la légitimitéempruntait sa force, et sans lesquels il ne s’est pasvu d’Etats se tenir debout et fleurir.

Ainsi, nous citions l’exemple de l’Angleterre,exemple qui a exercé une si décisive influencesur les résolutions et les destinées de la France.Mais remarquons qu’en se privant de la puis-sance politique de la légitimité, l’Angleterre nerépudia point sa constitution sociale. Remarquonsqu’elle tint son aristocratie et son Eglise de-bout : la clé de voûte abattue , elle respectales fondements. Elle crut avoir fait assez en unjour de créer une royauté nouvelle, et elle se re-posa ; elle ajourna de cent ans et plus l’éman-cipation, l’abolition de la traite des noirs, l’éta-blissement de la liberté de la presse, toutes cesgrandes entreprises auxquelles ses législateursconsacrent des trente années de discussion, maisqui durent toujours. Supposez que le peuple an-