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LIVRE PREMIER.
effroi, ou bien qu’eile n’aurait enfanté que destyrannies sauvages, et qu’elle aurait péri quelquejour noyée dans le sang et dans les pleurs.
Cela vient de ce qu’il est des intérêts et des prin-cipes qui tiennent, plus intimement que la légiti-mité même, à la vie des Etats. Ce sont ceux surlesquels la société se fonde, et qu’on a exposés plushaut comme constituant la grande et éternellecharte del’humanité. Us sont de droit divin, et parconséquent de droit universel; la légitimité, aucontraire, comme la monarchie elle-même, estsimplement de droit public. Mais ce qu’il faut ajou-ter, et ici nous dirons toute notre pensée, c’estqu’une grave erreur serait de méconnaître soncaractère véritable, qui est d’être la sanction deces intérêts primordiaux que nous signalons, lasauvegarde de ces principes sacrés, si bien que ,dans une monarchie, surtout qui a vécu des siècles,elle fait corps avec eux par mille attaches, et par-ticipe ainsi à leur haute nature. Elle en est à la foisl’application , la garantie, la consécration.
Si donc, nous ne sommes pas de ceux qui croientqu’elle est tout, ne soyons pas non plus , à Dieune plaise! de ceux qui pensent qu’elle n’est rienou peu de chose, et qui, éloignés de nourrir legoût du désordre et les passions mauvaises, sontprêts cependant à s’applaudir de sa chute (qu’onnous passe l’expression), comme d’un débarras.
Quoi! ne voient-ils pas que le droit royal