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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

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royauté, des dangers de plus; il y aura des dan-gers de plus pour la société. Dieu seul sait quandils éclateront, mais ils n’en seront pas moins réelset toujours imminents. Voilà comment on arrive,de degrés en degrés, à compromettre tous les in-térêts, parce qu’il en est que l’on a méconnu fol-lement ; à mettre en péril toutes les légitimités so-ciales , y compris la première de toutes, la proprié-té, parce qu’on n’a pas su comprendre et qu’onne sait pas respecter les grands principes qui serattachaient à la légitimité monarchique, quiétaient les fleurons essentiels de sa couronne etqu’on n’entendait pas briser avec elle.

Déjà il est arrivé àM. Odilon-Barrot de s’écrier,dès la session de 1830 : On sait dans quelles mainsest la propriété! Comment ce ferme esprit ne com-prenait-il pas que dans un gouvernement repré-sentatif, se savoir en hostilité avec la propriété,c’était se reconnaître dans là nécessité de s’atta-cher plus fortement, plus manifestement que ja-mais aux conditions d’ordre admises chez toutesles nations civilisées, ou bien de rentrer, un peuplus tôt, un peu plus tard , dans les voies révolu-tionnaires. Gouverner contre la propriété, ne sefait qu’avec les échafauds pour supports. Autre-ment, il faut gouverner avec elle, et jusqu’au jouroù vous aurez pris un parti sur cette alternative ,il y aura dans l’Etat un trouble insurmontable.Comment finira-t-il ? C’est le secret de l’avenir.