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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND.

par classes qui se maintiennent dans l’ordre fatal,comme les assises d’une pyramide s’affermissent,en s’élevant, par leur propre poids.

. L’égalité civile au contraire est le principe de lasociété française , et c’est là sa gloire. Nous y joi-gnons l’égalité indéfinie des partages et la perpé-tuelle mobilité des fortunes. Mais régir une famillede trente-deux millions d’hommes égaux en droits,mais régler et contenir par des digues solides cettemer mouvante, c’est là une tâche que jamaislégislateurs n’avaient eu à se proposer jusqu’à nos.jours.

Aussi, voyez depuis quarante ans le travail im-mense de notre patrie ! Elle s’agite, cherchant partout la stabilité, en poursuivant l’image soustoutes les formes, l’attendant un jour de l’ivressede la démagogie , le lendemain du repos du pou-voir absolu et des distractions de la victoire , plustard des promesses de la légitimité, et, toujoursdéçue , toujours retombant sur elle-même de sonpropre poids , faute d’avoir pu trouver ou d’avoirsu reconnaître dans son sein ces principes con-servateurs , ces éléments de repos, qui sont néces-saires aux nations comme des rivages à l’Océan.

Cette maladie publique était déjà terrible, et larévolution de juilletl’aura profondément aggravée.

La nature des révolutions fait leur destinée.Elles ont des caractères aussi distincts que les gou-vernements même ; un politique pourrait les