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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND.

Aussi, le propre des révolutions de cette natureest-il de se restreindre , de se diminuer, de se nieren quelque sorte elle-même le plus possible. LesBernadotte procèdent de l’adoption de duc deSudermaine. Guillaume III, gendre de Jacques II,se donne pour l’héritier légal du monarque qu’ilest venu renverser les armes à la main. On rapetisseautant qu’on peut devant les hommes l’infractionaccomplie, au risque de la grandir devant Dieu.

Ici ce n’est pas ainsi qu’on procède. On met del’orgueil à avoir accompli plus de ravages qu’onn’en fit en réalité. On appelle dynastie nouvelle desprinces qui ont l’honneur de descendre, commela branche aînée, de Henri IV, de saint Louis, deHugues Capet, de Robert-le-Fort. C’est la querelledu quoique et du parce que. Le parce que est lavérité. L’opinion s’attache au quoique par forfan-terie de destruction.

C’est que la pente inévitable, le péril constant desrévolutions populaires , est de se laisser entraîner,comme des torrents furieux , à envahir et boule-verser l’ordre social. Alors, il n’est pas donné àl’homme de mesurer la carrière qui les attend.

La France ale sentiment de ce péril : ivre de dé-mocratie , elle se rend compte de sa propre fragi-lité. De là vient son épouvante des révolutions,qui a fait la sécurité du gouvernement royal et quile trompa. C’est par là qu’elle a accepté, au lende-main de son ébranlement, dans l’avènement du