LIVRE SECOND.
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vant le vœu des philosophes, et l’écrase sousles roues du tombereau homicide. La propriété,elle la broie comme sous le pilon ; elle applique laconfiscation, comme ellë fait la mort, à desclasses entières, à l’élite entière de la grandefamille. Et le peuple gorgé de ce butin pris surles siècles, le peuple est-il du moins heureux,riche, prospère? Point! Par sa misère il égaleses crimes. Il meurt de faim et de désespoirdans ce pactole qu’il a conquis ; il est contraintd’aller , tout ivre de sang, tout insensé d’anar-chie , adorer la Raison pour retrouver des dieux ;il étonne l’univers de ce que peut l’abandondes principes constitutifs de l’ordre social. L’iloteivre de Sparte pâlit auprès de cet orphelin parri-cide , de ce fanatique qui ne croit point, de cethomme qui veut être libre et n’a rien respecté auciel ni sur la terre, qui parle d’égalité et proscritles illustrations, la vertu , le génie, la gloire. Ons’est beaucoup demandé pourquoi les Romainsavaient leurs saturnales. On a prétendu que c’étaitune pensée d’humanité, un dédommagement,donné à l’esclave, des ennuis de sa longue servi-tude. Non! non! Le dédommagement n’eût étéque cruel, puisqu’il aurait duré un jour, et risquéd’empoisonner toute la vie. La vraie pensée de-vait être de faire voir ce que serait la puissance endes mains impropres à l'exercer. Le législateur es-