LA. SOCIETE FRANÇAISE. III)
péra ainsi rendre cher et sacré à tous les Romainsle joug des moeurs et celui des lois.
Voilà la suite des faits. Maintenant, oi'i furentles causes ? Comment se consomma, d’abord ausein de la société toute entière et ensuite au seinde la démocratie triomphante, cet ostracisme san-glant de leur plus saine élite ?
Tout le monde a dit combien l’Assemblée cons-tituante fut éclatante en talents et en vertus. Assu-rément , sa tribune est la plus haute qu’il y ait eudans l’univers. Il y a été promulgué , comme duhaut d’un Sinaï, au milieu des foudres et des ton-nerres , des maximes qui sont la loi nouvelle dugenre humain. Mais ce qu’on n’a pas assez dit, cequ’on n’a pas recherché assez, c’est d’où vienttoute cette gloire, d’où viennent toutes ces fautes?
Sans doute , les fautes appartiennent beaucoupà l’état de la société, à la direction des esprits , àl’universelle ignorance des éléments nécessairesd’un gouvernement libre, à la lutte animée desdivers ordres, à cette mauvaise éducation de lamonarchie absolue, qui n’avait pas enseigné, pen-dant un demi-siècle, à craindre la licence dans leslois , alors qu’elle-même professait la licence dansles mœurs et la propageait dans les esprits. Mais,assurément, il faut par-dessus tout accuser ces sixcents membres du Tiers , nouveaux aux affaires,animés de ressentiments jaloux, pressés, à leurpropre insu, de se venger d’une longue impuis-