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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND-

destruction , où la politique est la force , et par-tant la tyrannie. La tyrannie , disons-nous ; aussil’histoire des passions démocratiques, dans toutl’univers, se réduit-elle à ces deux phases : l’exer-cer ou la subir.

Une fois vaincue et dévastée la région socialeoù réside le dépôt des lumières , de l’opinion , dela conscience des peuples , voyez ce qui resta dela puissance publique, la terreur ; de l’ordre, lesang et les ruines ; de la liberté , une grande pro-fanation et une cruelle méprise.

La Convention , jusqu’au 31 mai, a une tribuneencore. Elle compte dans ses rangs les Vergniaud ,les Guadet,les Gensonné, les Isnard, cette Girondeéloquente qu’elle a reçue delà Législative et qu’ellebrûle de passer aux échafauds. Comment fait-ellepour les réfuter? L’insurrection prend séance, esca-lade la tribune, gourme le talent, saisit au collet lecourage, trouve plus simple de jeter bas ses adver-saires que de les entendre , et plus facile , commeLanjuinais le dit si bien , de les assommer que deleur répondre. Mis au monde pour exercer lespleins pouvoirs de la multitude, le sénat populairese distinguait encore de la multitude par tous ceshommes qui voulaient l’impossible : qui voulaientla république par les masses, et avaient dans l’es-prit une autre liberté que le niveau , dans le cœur-une autre politique que la vengeance. Derniersreprésentants de l’indépendance des opinions, ils