LIVRE SECOND.
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et qui constituent la liberté. Il n’y a plus de luttesd’opinion qu’entre la voix de Marat demandanttoujours des victimes, et le poignard de CharlotteCorday qui lui répond. C’est alors que brillent,l’injure à la bouche et la hache à la main, lesSaint-Just, les Barrère, les Robespierre enfin, tousces montres dont on s’est mis depuis quelques an-nées à célébrer le génie. Ah ! il y a plus hommede génie qu’eux tous : c’est le bourreau !
Le malheur de la démocratie est ce perpétuelentraînement à substituer la force à la loi, à tran-cher tous les différends par le glaive, à compter lenombre pour le droit et la justice? Et accepte-t-on,pour vider les débats des opinions et des partis,un autre glaive que la parole, un autre champ debataille que la tribune, un autre jugement de Dieuque les solutions pacifiques de discussions sans en-traves, la liberté n’est plus. Quand madame Rolandmarcha, poussée par la furie populaire, vers l’é-cliafaud où Marie-Antoinette avait porté sa têtesacrée, elle dut se rappeler qu’elle avait trouvétout simple, une année auparavant, que cettemême furie populaire se levât en armes, au nomde la liberté, contre une constitution entourée desserments de la France, et qu’elle chassât Marie-An-toinette, avec toute sa race, d’un trône qui devraitêtre défendu par l’autorité des lois nouvelles,en même temps que par huit siècles assis sur sesdegrés.