LA. SOCIÉTÉ FRANÇAISE. . I 25
Certes , la terreur fut grande justicière, et grâceà la haine des factions pour leurs chefs dissidents,il en sera toujours ainsi. Elle promena son glaiveimpitoyable sur toutes les têtes qui avaient invoquéle règne de la force, qui avaient mis, à la place dela liberté, la guerre et son ivresse. Les Chabotcomme les Camille Desmoulins, les Barbarouxcomme les Danton , vinrent expier leur faute surl’autel sanglant, et les sacrificateurs ne furent pasépargnés par la vindicte du ciel. La terreur, enexpirant se replia sur ses auteurs, sur Robespierreet ses complices; elle les dévora. Si Louis XVI,qui ouvrit, comme un roi, cette marche lugubre,avait aussi expié des fautes, ce n’étaient pas lessiennes du moins : c’étaient celles de la royautéabsolue, celles de ses pères. 4ussi le martyr au-guste demanda-t-il en vain que son sang ne re-tombât point sur la France. La prière du fils deSaint-Louis ne fut pas exaucée : tout son sang de-vait retomber sur la France.
Nous savons quelles explications ont été donnéesdes attentats et des folies de cette ère abominable.On a fait de l’échafaud un champ de bataille, de laterreur une guerre défensive , et sans décorer cesaffreuses vindictes du nom de justice, on les a con-sacrées sous celui de nécessité. C’est une excuse ,trouvée après coup par des hommes de talent en-gagés dans une lutte qui a faussé leur grand