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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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128 LIVRE SECOND.

seul était l'antagoniste de l'univers. De tout cetassaut de principes, de toute celte guerre com-mencée au nom de la liberté et de l’égalité, il nerestait au dehors qu’un duel de rois.

Au dedans, il restait de cette subversion ef-froyable la division de la propriété et sa mobilité,une nouvelle loi civile et l’égalité devant la loi ;faits énormes qui, assurant la diffusion du bien-être public et privé entre tous les enfants de lagrande famille, et donnant à l’Etat social une basenouvelle, exigeaient de la constitution politique denouveaux moyens de force et de stabilité ! Pourque la liberté put s’établir un jour, il fallait d’a-bord l’institution d’un gouvernement puissant, leretour aux principes éternels de l’ordre, la conci-liation de ces principes avec la société nouvelle,la réunion des deux Frances divorcées pour leurcommun malheur. Les termes du pacte de con-ciliation devaient se trouver tôt ou tard, puisquedeux choses demeurent également constantes ;c’est que l’ancienne aristocratrie, l’Europe, lemonde seraient impuissants pour détruire l’ordrenouveau , comme l’ordre nouveau l’est lui-mêmepour fonder et maintenir un véritable système re-présentatif.

Aussi, la révolution se reconnut-elle, sous lalongue épreuve des misères publiques, incapabledu pouvoir non moins que de la liberté. Elle avaiteu horreur d’elle-même; elle se chercha un tuteur