LIVRE SECOND.
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conquête. Mais la conquête pouvait-elle avoir unautre résultat que la réunion de tous les peupleset de tous les rois dans un intérêt commun, enmême temps que la lassitude, l’épuisement, l’ani-madversion de la France? Le jour devait venir oùla France se retirerait du colosse. Ce jour vint, etil tomba faute d’appui.
Gloire éternelle à cet homme du destin, nonpas pour avoir promené au milieu des nations lechar de la France en foulant sous sa roue altièreles peuples et les rois ; non pas pour avoir été leplus grand capitaine des temps modernes, et peut-être de tous les temps ; mais pour avoir rendu ceservice immense de débrouiller le chaos révolu-tionnaire , de former, dans le sein de la sociétébouleversée, un gouvernement fondé sur lesseules maximes que puissent accepter les nationscivilisées, de frayer enfin la route où la puissancepublique doit s’affermir parmi nous, si nous vou-lons une fois nous reposer à l’ombre d’institutionsstables et régulières ! Il nous enseigna à prendreles supériorités de toute nature pour remparts. Ilpensa que la gloire était un vain nom, si elle nemaintenait les fils dans les hautes régions où s’é-taient élevés les pères ; que l’hérédité était néces-saire à l’ambition comme le but à la course, souspeine de la voir décheoir en spéculations miséra-bles, et se contenter du lucre qui du moins setransmet. En même temps, il fonda une adminis-