LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE. 135
tration, une et puissante à son image, qui fait denotre société éparse un seul corps, qui rend notredémocratie compacte et gouvernable, qui est notrelien et notre force uniques. Cette administrationa donné à la restauration sa puissance matérielleet ses chances de durée : c’est un bienfait que laFrance méconnaît, et, aujourd’hui encore, elleen vit.
On juge des gouvernements par ce qu’ils ontfait de leur vivant ; c’est une méprise. Il faut jugerd’eux par ce qu’ils ont laissé après leur chute.L’ancien régime nourrit dans ses flancs la révolu-tion, la démagogie, l’impiété, tous nos fléaux.L’empire, dont nous admirons la splendeur guer-rière, laissa deux fois, en tombant, l’étranger assissur ses ruines et les nôtres. Mais il nous tira denotre anarchie sanglante, et nous fit aptes à lamonarchie et à la liberté. Toutes deux purentsortir du milieu des débris de nos longs naufrageset régner ensemble sur la France. Voilà son ou-vrage, ses monuments, sa gloire.