LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE. I 4 T
mais ce rôle ne va pas à tout un peuple. Il seraittrop long et trop habile pour un tel acteur. Nuldoute que la restauration selon la Charte ne fût levœu unanime de la France; et, ce qui le prouve,c’est qu’au milieu de toutes les déclamationsoutrageuses, on ne cesse de répéter que, sans lecoup d’Etat, la monarchie fût éternellement restéedebout. Imagine-1-on la France éternellementenchaînée à un joug bai et méprisé !
Legs funeste de Napoléon , les traités, qui nousont régis depuis nos revers, étaient un malheurpour la patrie , une défaite peut-être pour la dé-magogie et l’empire, pour personne une humilia-tion. 11 n’y en a pas à être vaincu quand on estseuls contre tous comme la première fois, et quede plus on est divisés comme la seconde. C’estseulement un avertissement de ne point se mettl eseuls contre tous, et de ne point se diviser. Lepremier parti peut ne pas dépendre de nous ; lesecond en dépend toujours; et, pour y parvenir,il faut d’abord bannir ces récriminations violentes,iniques, odieuses. Quand de nos deux Frances, silongtemps désunies , il en est une qu’on accuse denos désastres, injustice et mensonge ! Ce n’est paselle qui était allée chercher au fond du Nord l’a-valanclie sous laquelle notre fortune tomba écra-sée. Ce n’est pas elle qui se serait complu à dé-cheoir du rang, qui fut celui de la France dans lemonde, depuis des siècles. Ah ! sachons une fois