LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE. I 5 I
de la corvée; l’ouvrier, des jurandes; le bour-geois, du privilège, auraient tons regardé commeune menace permanente le drapeau blanc qui flot-tait sur leur clocher.
Auraient-ils eu tort ? Entendons M. de Peyron-net (1). « Il eût fallu, a dit récemment ce ministre,» en parlant du coup d’Etat, tant de modération» après l’avoir achevé! Il fallait de la force pour» en user, plus de force encore pour n’en pas abu-» ser; de la force envers les autres , plus de force» sur soi-méme ! » C’est justement pourquoi ledespotisme, eût-il été possible à tout le monde,ne l’aurait pas été aux princes de la vieille France.La légitimité, qui faisait leur force au sein d’insti-tutions tutélaires, aurait fait, avec un pouvoir sanscontrainte , leur perpétuelle fragilité !
Il fallait à la France nouvelle des places de sû-reté , comme en donnaient jadis les rois à la faibleminorité protestante, pour gages des promessesdu trône. Mais de nos jours les places de sûreté,ce sont les lois ; c’est l’intervention des peuplesdans la direction de leurs destinées. Or, le systèmereprésentatif était le boulevard donné par les Bour-bons , sous le nom de droit public, aux Français.La Charte fut, on peut le dire aujourd’hui, la con-dition de l’adhésion nationale, le sinon non de la
(I) Questions de juridiction parlementaire à l’occasion du procès desanciens ministres de Charles X.