LIVRE SECOND.
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réveiller ; elle n’y manqua pas. Carnot, qui s’étaittû sous Napoléon, écrivit sous les rois. On vit leshommes de l’empire, le front encore marqué dujoug d’or qu’ils avaient porté, la main à peine libredu joug de fer qu’ils avaient appesanti sur les peu-ples, ne plus trouver assez de liberté sous le soleilpour respirer en paix. Ce fut assez d’avoir été lieu-tenant de mamelucks pour compter parmi les li-béraux, d’avoir brillé dans la cour impérialecomme chambellan, page, comte ou duc, pour semontrer intraitable en fait d’égalité ; et au fondil n’y eut pas inconséquence, autant qu’on put ledire et le penser. Tous ces hommes se sentirentdésormais contraints de défendre en personne desintérêts que le despotisme impérial défendait au-paravant pour eux.
En vain les Bourbons, une fois absolus, au-raient proclamé, sous la foi d’un serment nouveau,à chaque soleil qui se serait levé, l’inviolabilité despropriétés nationales, le maintien des pensions,des grades, des honneurs de toute origine, latolérance religieuse, l’égalité civile : même encroyant à leur loyauté, la France ne se serait pasabandonnée à leur parole ; car la parole des prin-ces est subordonnée aux intérêts et aux passionsdes partis qui les dominent, et elle voyait autourd’eux l’ancienne monarchie sortie d’exil ou ra-nimée du tombeau à leur aspect. Sans la garantiedes institutions représentatives, le paysan, ennemi