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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. SOCIÉTÉ FRANÇAISE. 169

lence autour des pouvoirs publics; et, des deuxtribunes, il en était une qui garantissait un longavenir à la liberté française, parce qu’elle étaitégalement forte contre le trône, contre la mul-titude, contre les factions ; parce qu’elle reposaitsur le premier des intérêts, sur le premier dessentiments, développés au sein des sociétés hu-maines, nous voulons dire sur cet instinct con-servateur qui a besoin d’avenir, et n’y croit quelorsqu’il s’appuie au passé.

Enfin, dans l’ordre moral, sur cette triple basedu droit royal, du principe, aristocratique et despouvoirs populaires, de l’égalité civile, fortementbalancés et sagement contenus, c’est-à-dire surla base du droit partout, il y avait, pour l’espritascendant qui est propre à notre temps et à notrepays, des mobiles autres que l’intérêt, que le lucre,que la richesse. Il y avait d’autres aiguillons quedes émoluments; l’argent n’était pas tout. Onpouvait prétendre à fonder une famille, à laisserun nom, à transmettre une illustration honoréedu pays et consacrée par les lois. Maintenant, ilfaut faire fortune. C’est l’unique ambition légalequ’admette la Charte de 1830! Qu’on nous par-donne ce vice ou ce préjugé : nous préférions,pour la gloire de notre pays et dans l’intérêt desmoeurs publiques, les ambitions tirées du vieuxressort de l’honneur français.