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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND.

pêché l’esprit de désordre et de sédition, sinonde pénétrer dans les assemblées, du moins d’yrégner ;

Enfin, la sagesse de la Chambre haute, corpsillustre et populaire, qui a défendu nos libertésnaissantes contre leurs ennemis et contre elles-mêmes, opposé un égal boulevard aux passionscontraires, tenu avec fermeté la balance entre lespartis, et contraint quiconque conspirait la chutedes lois, sous des motifs divers, de se jeter pardes entreprises désespérées en dehors des lois.

On résumera ainsi le régime sous lequel nousavons accompli les plus belles conquêtes quejamais nation ait faites, des conquêtes dont l’An-gleterre n’a obtenu que la moitié, la partie poli-tique, au prix des siècles, et dont elle ne pour-suivrait l’autre moitié, la partie sociale, que dansles convulsions :

L’ordre régnait avec toutes ses conditions dansla société française. L’égalité était consacrée par lesmœurs et par les lois ; tous pouvaient arriver etarrivaient à tout. La noblesse de sang était re-connue par la Constitution, mais primée par lanoblesse d’intelligence et par la noblesse de cœur,c’est-à-dire par l’honneur et le talent. Le talentétait une magistrature souveraine. La parole, l’es-prit, le droit régnaient.

Dans l’ordre politique, les masses faisaient si-