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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA SOCIÉTÉ FIÎAÜVÇ AISE. I 79

De cette sorte, chaque réaction portait aux in-térêts légitimes du pouvoir , aux éléments de l’or-dre, aux saines notions de la liberté, un coupfuneste; l’esprit public en restait profondémentfaussé. Le désordre faisait des progrès sérieux etrapides. L’opinion constitutionnelle s’en laissaitentamer à son insu; la France devenait manifeste-ment ingouvernable, et on sait des gens qui l’é-crivaient dès lors. L’administration étant tournéeà des fins impopulaires, toute administration,toute autorité parut déception, fraude, tyrannie.L’animadversion pour la religion, ses pompes etses ministres , dépassa promptement les fautesqu’on reprochait au sacerdoce. Ce fut assez de latentative avouée de reconstruire la propriété no-biliaire , pour rendre impossibles les modificationsdésirables, et pour faire à la propriété même desennemis. Il est advenu ainsi, par une étrange fata-lité , que la restauration nuisit beaucoup à cesdoctrines conservatrices dont elle semblait porteren elle-même la source et le dépôt. Ou pouvaitcraindre quelquefois que la France ne reculât detout le chemin que l’empire lui avait fait fairedans les voies de l’ordre et du pouvoir.

Tels étaient les résultats funestes du perpétuelqui-vive du pays et du trône’. II vint un momentoù les bons esprits purent mesurer, dans toute sonétendue , la grandeur du mal.