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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. SOCIÉTÉ FRANÇAISE.

France sous ses lois ; et, si on se le rappelle bien,celui qui laissait échapper ces accents périlleuxresta tout seul ; sa voix n’eut d’éclios qu’au fonddes cœurs français. Mais, dès qu’un ministère,qui prétend lier sa cause à celle des intérêts na-tionaux, et qui rompt avec les royalistes (le mi-nistère Decaze), s’est affermi au pouvoir, le parti,dès-lors rassuré, se montre superbe et intraitable :le premier usage qu’il fait de l’affranchissementde la presse est de célébrer , par amour pour laliberté , Napoléon et le Comité de salut public ; lepremier usage qu’il fait de l’affranchissement dela tribune est de demander le rappel des Conven-tionnels; le premier usage qu’il fait de l'affranchis-sement des élections est d’asseoir un Régicide à laChambre comme on plante un drapeau. Ces vio-lences provoquent dans les esprits une réactionqui, en un jour de deuil et d’épouvante (1),passe aisément des esprits dans les conseils. Le mi-nistère tombe, et le parti l’abandonne sans défenseaux attaques les plus cruelles. Un ministère, con-ciliateur encore, et sage, loyal, habile, celui duduc de Richelieu, succède : le parti imagine des’allier, pour l’abattre, avec ses ennemis naturels,avec les royalistes extrêmes, sachant bien quece n’est pas à lui que servira la victoire. Il ne setrompe pas à ce point sur l’état de la cour et de

(1) 13 Février 1820, Assassinat de M. le due de Berry.