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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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I,A SOCIÉTÉ FRANÇAISE. 187

tête, quand un géant arrive du camp royaliste,qui l’a follement chassé de ses conseils. M. de Cha-teaubriand, évincé par une fraction de ses anciensamis qu’il dénonce à la France comme des barbares ,châtie impitoyablement sa disgrâce sur la royautéqui y a consenti, en tendant à la liberté constitu-tionnelle sa main gantelée , en la couvrant du dra-peau blanc, en lui rendant courage à son ombre ;et il rallie une armée par ses grands coups quivalent des armées. Tout habile, tout opiniâtre quepût être la défense du pouvoir, on voyait chaquejour tomber de la place assiégée un pan de mu-raille, chaque jour se détacher du faisceau rompude nombreux, de riches tronçons qui prêtaient dulustre et de la force â l’opinion constitutionnelle,à celle qui voulait la restauration selon la Charte,rien de plus. De progrès en progrès, la victoire estacquise ; les élections la déclarent, Qui l’a obtenue ?Consultez les listes des écrivains, des candidats ,des élus. Yous verrez que ce furent les Royalistesdissidents, les Constitutionnels sincères et loyaux.Mais qui se chargera de la corrompre et de la rui-ner? Laissez faire au parti révolutionnaire. Levoilà ! il perdra tout.

En effet, le ministère Martignac, né de la vic-toire électorale, a promis une loi quibrise le glaivedelà censure et une autre qui assure la sincérité desélections. C’est une Charte toute entière ; c’est le