LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE. ig5
sociale et politique. Tous les esprits droits étaientrésolus à rompre enfin avec la faction qui venaitde trahir hautement le dessein d’asservir et deperdre la monarchie. Nul doute que l’autoritéroyale n’eût trouvé dans la session suivante,au sein de la Charte, et avec l’appui de la raisonpublique, les forces qui lui avaient manquéd’abord.
Le roi préféra une autre expérience. Au lieude conformer plus longtemps ses conseils auxmouvements de la majorité, il résolut de plier lamajorité aux loix d’un ministère selon son cœuret sa pensée : persuadé que la faiblesse du trônefaisait l’audace de ses ennemis ; que tout fléchiraitdevant des déterminations assez décidées pour nepouvoir sembler passagères ; qu’en restant de faitdans la Charte, mais en se montrant par ses choixprêt à en sortir, s’il le fallait, il ne trouveraitpas de Chambres qui osassent tenir tête à la cou-ronne, et que, si elles l’osaient.... Accepter cettepensée, c’était avoir franchi le Rubicon. Cardissoudre constitutionnellement la Chambre étaitimpossible. On aurait eu pis. Il fallait donc briserla Constitution même.
Par cette pensée, le roi infirmait la restaurationdans la première de ses garanties, l’inviolabilitéde la Charte. Il mettait contre lui le bon droit :c’était y mettre la fortune.
Ce prince vénérable nous semble avoir con-