196 LIVRE SECOND.
fondu à ce moment tous les éléments de samonarchie. Rester soumis à la lettre de la Charte,aux formes du gouvernement représentatif, etporter au pouvoir des hommes qui y faisaientmonter avec eux le cortège entier des alarmespubliques, c’était une inutile contradiction. Il setrouva qu’il n’y eut qu’un Français qui crût le roifidèle encore à la loi constitutionnelle : c’étaitle roi.
Quels que fussent les desseins, il y avait tort etpéril dans ce défi sans actes qui ne semblait qu’uneostentation d’impopularité ; car la couronne serendait plus malaisé à opérer, et le mal, et lebien. Il lui devenait plus difficile de rester dansla Charte, plus difficile même d’en sortir.
Cependant, le roi était loin de s’abuser sur l’é-tendue des voies où il s’engageait. Il savait très-bien qu’il mettait son trône au hasard de deuxbatailles, l’une dans les Chambres, l’autre dansles rues. Mais il ne faisait pas un doute qu’il nedût gagner la première, et comptait bien, parconséquent, n’avoir pas besoin de livrer la se-conde. Celle-ci, il en pesait toutes les chances.Les journaux redirent son mot souvent répété :Qu’après tout, il aimait mieux être un roi exiléqu’un roi avili.
Une pensée fatale l’entretenait dans la résolu-tion d’affronter toutes les menaces de l’avenir. Ilcroyait à une vaste conspiration contre sa cou-