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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SECOND.

elle devait être salutaire. Elle fut stérile. Elle étaitinsuffisante à contenter le roi ; tout au plusl’enhardit-elle. Il dût penser, en voyant qui laproférait, qui s’en portait garant, qu’elle ne seraitpas oubliée ; et elle l’a été !

Dans ce conflit, tout le monde avait tort. LaChambre, en refusant son concours sur des nomspropres, ne considérait que le fond des choses,que l’esprit de la Constitution ; le roi, en déniantce droit aux chambres, en les sommant d’attendreles actes et de statuer uniquement sur des griefslégaux, ne s’attachait qu’à la lettre de la Charte ;des deux parts, on poussait son droit à l’extrême :sans vouloir d’une révolution , on le poussaitjusqu’à une révolution. La couronne, oubliant quele pouvoir doit toujours l’exemple de la sagesse,avait pris l’initiative de ce défi. Les 221, en re-poussant la rédaction déposée dans l’amendementLorgeril par les royalistes éprouvés du centredroit, firent la faute de resserrer leur menaçantealliance avec les passions révolutionnaires ; et parlà affermirent le ministère contre lequel ils pro-testaient. A vrai dire, il n’y avait plus de minis-tère. Nous étions déjà placés en dehors de l’ordreconstitutionnel. Leroi et la France se voyaientface à face.

La France, disons-nous! car l’opposition comp-tait dans son sein tous les corps politiques, indus-triels, commerciaux, littéraires, les tribunaux